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Approche « Une seule santé » au Congo : transformer les engagements politiques en résultats concrets

L'écart entre le cadre affiché et la chaîne opérationnelle demeure, pour l'approche « Une seule santé », le principal angle mort.

Approche « Une seule santé » au Congo : transformer les engagements politiques en résultats concrets

Le Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique publie une note intitulée « Une seule santé: de l'engagement à l'action en République du Congo », tandis que les ministres de la Santé de la Communauté d'Afrique de l'Est annoncent, selon Africa.com, un renforcement parallèle de la sécurité sanitaire régionale. L'OMS assume, dans son propre intitulé, le passage revendiqué de la déclaration à l'exécution, passage que les faits, jusqu'ici, ne documentent pas.

Le cadrage OMS pour le Congo

La publication, datée du 3 octobre 2026, inscrit Brazzaville dans la trajectoire « One Health » portée par l'organisation. Le titre, « de l'engagement à l'action », signale explicitement la transition revendiquée entre phase programmatique et phase exécutive. À la lecture des seuls éléments disponibles, plusieurs pièces d'évaluation manquent: indicateurs retenus, calendrier, points d'entrée intersectoriels (santé animale, environnementale, surveillance humaine) et, surtout, mécanisme de coordination avec les programmes verticaux existants.

Pour nous, professionnels de santé publique, la variable décisive reste l'articulation entre cette approche intégrée et les outils déjà en place: Programme élargi de vaccination, surveillance des zoonoses, réseaux de laboratoires. Une « seule santé » qui n'attaque pas ces points de jonction ajoute une couche de gouvernance, sans doter les équipes de terrain d'une capacité supplémentaire.

Le pendant est-africain

Deux éléments connexes jalonnent la même fenêtre temporelle. Africa.com rapporte que les ministres de la Santé de l'EAC intensifient leur action collective en matière de sécurité sanitaire. Eye Radio mentionne, dans la foulée, la constitution d'un pool d'experts EAC destiné à renforcer les effectifs sanitaires régionaux. À quelques jours d'intervalle, ces deux annonces dessinent un mouvement de fond: la mutualisation sous-régionale des capacités de riposte, déjà éprouvée lors des précédentes urgences épidémiques africaines.

Ce qu'il convient de suivre

Trois points méritent une lecture rapprochée. Premièrement, la traduction opérationnelle, au Congo, des engagements « Une seule santé »: quels ministères hors santé sont formellement inclus, quel budget, quel échéancier. Deuxièmement, la nature exacte du pool d'experts EAC: réserve mobilisable, dispositif de formation continue, ou mécanisme de déploiement rapide; la fonction conditionne l'utilité. Troisièmement, l'effet d'entraînement sur les pays limitrophes, Tchad compris, où les mêmes arbitrages se posent en termes analogues: zoonoses endémiques, capacités de laboratoire, surveillance à base communautaire.

Tant que l'approche reste un slogan coordonné, elle n'infléchit ni les courbes d'incidence ni les délais de riposte. Le passage à l'acte, revendiqué par l'OMS dans son propre intitulé, reste l'épreuve des faits, et c'est précisément celle que la communauté médicale se doit de documenter.